Actualités artistiques et culturelles

Lundi 20 février 2006
 
Si l’on appelle souvent les architectes « les bâtisseurs de lumières », on peut très certainement appeler Laurent Fachard, éclairagiste de son état, un « bâtisseur de rêves ». Laurent Fachard se dit issu de cette génération qui, dans les années 1970, émerge dans le cercle des arts de la rue, avec par exemple Jean Digne à Aix en Provence, et réfléchit à une réappropriation de l’espace public. Mais cette volonté de trouver de nouvelles façons de faire et de jouer avec les espaces ne concernent pas seulement les saltimbanques et les plasticiens, elle touche tous les domaines des arts en passant par la danse avec par exemple Odile Duboc mais aussi par la pyrotechnie et le cirque. Il s’agissait alors pour Laurent Fachard non plus uniquement d’éclairer un spectacle mais d’éclairer un espace. Peu à peu la question de la lumière urbaine est née de ce travail. Il prend conscience que personne ne se préoccupe de cette question. Les lampes sont sans fonctions, sans directions particulières. Elles existent seulement pour policer la ville. Il va alors évoluer en direction de ce domaine inexploité. Il fallait inventer un mode d’expression en s’appuyant sur des savoirs faire. Cependant pour pouvoir mettre en place de nouvelles manières d’appréhender la lumière des villes, il était nécessaire de convaincre les élus que l’éclairage pouvait générer des sensations et créer des ambiances. Il parvient à en faire sortir certains la nuit et à leur prouver l’importance de penser l’espace public même la nuit.
Désormais l’aménagement des villes se fait avec un éclairagiste ou avec un concepteur lumière. Ces derniers donnent naissance à des plans lumières ou à des schémas directeurs d’aménagements des lumières.
Dans ce contexte, Laurent Fachard a développé de nombreux projets. Nous pouvons citer les éclairages de la station de Métro Chaussé d’Antin-La Fayette réalisé en 1991, celui de la gare TGV de Monaco-Monte Carlo entre 1995 et 2000, celui de la gare TGV de Marne la Vallée-Chessy en 1993, celui des stations Saint-Lazare et Gare du Nord du RER Eole entre 1994 et 1999, celui de la Cathédrale de Mende en 1993, celui de la place des Terreaux à Lyon en 1992 ou encore un projet aussi féérique et novateur que le « Jardin Chromatique » du Parc de Gerland à Lyon entre 1997 et 2001. Il a aussi travaillé sur la mise en lumière de bâtiment à l’étranger par exemple à Ho Chi-Minh, à La Havane ou à Saint-Pétersbourg.
Mais ce scénographe de l’espace public dépasse la sphère de l’aménagement urbain pour s’intéresser également à l’événementiel. Il a notamment été directeur artistique du Festival Lyon Lumières pendant cinq années (1998-2003). Il a conçu des créations pour le Printemps de Toulouse, pour le Christmas Tree Festival de Genève en 2002 et pour Graz en 2003 lorsque cette ville était la capitale culturelle européenne.
Surveillez cet homme lumineux, il n’a pas fini de surprendre. Avec lui bientôt la lumière pourrait laisser la place à l’ombre.
Par Gud
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Mardi 21 février 2006
En 1998, Jacques Livchine et Hervée de Lafond, alors respectivement, metteur en songe et grande ordonnatrice du Théâtre de l’Unité et du Centre d’Art et de Plaisanterie (Scène Nationale de Montbéliard), livrent au journal La Scène, les principes de base devant guider des projets souhaitant « mélanger l’art à la vie » et « regarder la vie en farce ». En 2006, il semble important de les rappeler notamment à ceux qui souhaiteraient, comme le déclare Jacques Livchine, toucher un large public au-delà du « public CAMIF-MAIF-Télérama ». Certains principes paraissent presque dix années plus tard d’une actualité prégnante.  
 
1- Il ne s’agit pas de remplir le théâtre de Montbéliard mais Montbéliard de théâtre.
 
2- Le public n’existe pas. Ce sont des gens qui vont au spectacle.
 
3- Il faut dépiedestaliser la culture, la dégager de sa gangue inamicale.
 
4- Dans un théâtre, tout doit être artistique, billets, affiches, etc.
 
5- Pratiquer la solid’hilarité, regarder la vie en farce.
 
6- S’adresser à la ville tout entière, se souvenir que la subvention doit être rendue à tous les habitants et pas seulement à une élite cultivée.
 
7- Développer l’esprit critique du public.
 
8- Une rue animée n’est pas une rue pleine d’animateurs, mais une rue pleine de commerçants.
 
9- Ne respecter que les respectables.
 
10- Ne pas avoir de se dire que demain tout sera fini.
 
11- « Invente ou je te dévore ». Claude-Nicolas Ledoux
 
12- Casser la consanguinité qui règne au sein de la culture conventionnée.
 
13- Ne pas ignorer la culture qui est entrain de jaillir des quartiers, s’y abreuver.
 
« Le public au cœur d’un projet, Montbéliard, Une ville baignée d’Art et de Plaisanterie », La Scène, décembre 1998, n°11.
Par Gud
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Dimanche 26 février 2006
Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a déclaré à l'AFP lors de la soirée des César au restaurant le Fouquet's à Paris dans la nuit de samedi à dimanche, que "le gouvernement n'a pas besoin d'être brutalement interpellé pour être à la manoeuvre". 

Commentant l'intervention sur la scène du Châtelet d'intermittents du spectacle qui a contraint Canal+ et l'Academie des Arts et techniques du Cinéma de retarder le début de la cérémonie, M. Donnedieu de Vabres a affirmé que "le gouvernement est ultra-mobilisé et ultra-déterminé pour que les métiers artistiques soient reconnus en France". 

"J'ai deux grands défis absolument essentiels pour les artistes et leurs métiers : la conciliation entre la liberté des internautes et le droit d'auteur, et le bon aboutissement de la négociation sur l'assurance chômage", a assuré le ministre de la Culture. 

"J'ai entendu l'expression de leurs revendications mais je n'en avais pas besoin pour être mobilisé. Les artistes et les techniciens méritent un système de chomage spécifique", a ajouté M. Donnedieu de Vabres, qui a indiqué que "21.439 artistes et techniciens viennent d'être réintegrés dans leurs droits par décision de l'Etat".
Par Gud
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Mercredi 1 mars 2006

Vendredi 3 mars de 20h45 à 2h00 du matin. Rendez-vous devant la Maison de la musique.

Gilles Rabin (économiste) et Luc Gwiazdzinski (géographe) sont deux amoureux des villes. En 2005, ils ont publié aux éditions Eyrolles Si la ville m’était contée, un ouvrage inédit dans lequel ils présentaient leur vision décalée du monde urbain. Ils travaillent depuis plusieurs années une expression de la ville vécue, espace habité, pratiqué diversement par les habitants, usagers, acteurs locaux... Afin de croiser les représentations et les pratiques de la ville, ils proposent de la traverser de nuit et à pied.

Le FALP vous invite le vendredi 3 mars de 20h45 à 2h00 du matin à une balade pédestre nocturne qui vous mènera de Paris à Nanterre, du centre à la périphérie.

Le départ fixé à 20h45, devant la Maison de la musique, pour gagner  dans un premier temps la gare de Nanterre-Ville puis Châtelet-Les Halles par le RER. Plusieurs groupes seront ensuite constitués et différents parcours proposés. Muni d’un carnet de route, chacun devra noter ses impressions et les échanger, le lendemain, samedi 4 mars, de 10h30 à 13 h00, sous le  Chapiteau du Monde.

Compte-rendu de la Traversée nocturne Paris-Nanterre. Samedi 4 mars - 10h30-13h00 - Chapiteau du Monde.

Pour plus d'informations...

Par Gud
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Jeudi 2 mars 2006
Je publie comme tel deux messages, du mardi 28 février 2006, de la "liste rue" du Fourneau qui me semblent intéressants. Ils ont le mérite de donner à réfléchir et d'aborder des facettes de la situation actuelle des Arts de la Rue.
 
Message de Jean-luc de la Compagnie Les Goulus: 
 
1) Le petit univers de la rue vit-il différemment de ce que la société d'aujourd'hui nous montre?
2) A-t-on plus de chances d'être subventionné quand on est membre du C.A de la fédération ou est ce qu'on reste pur ? (question sans à priori !)
3) Peut-on être programmé en IN à Châlon ou Aurillac (ou les deux) sans éveiller de soupçons (les adjectifs, vous les choisissez) quand on est Président de la fédé ? (question avec à priori)
4) Comment l'univers de la rue est solidaire des cies dans la merde ?
5) Qu'avons-nous de différents en terme d'éthique des autres arts ?
6) Sommes nous l'exemple en terme d'arts "émergents" ?
7) Lécher ! Verbe inévitable pour réussir ? Verbe auvergnat qui prête à confu'j'ion ? Verbe érotique uniquement ? Verbe de mec affamé ?
8) Vaut-il mieux être d'abord subventionné et après on s'entoure de gens (puisqu'on a la tune) ou plancher comme un con et demander des subventions(des fois que ça marcherait) ?
9) A ce jour, vaut-il mieux être d'abord un politique avant d'être un créateur
ou l'inverse ?
10 ) L'entre-soi, ça protège et ça évite les virus et les parasites ? L'entre-soi, ça permet de durer ? L'entre soi, ça permet d'exister ou de tenter d'exister ?
 
Y'a pas de cadeaux mais vous pouvez répondre ! Y'a une belle analyse à faire au bout !
 
JLuc
 
Message de Jacques Livchine du Théâtre de l'Unité:
                 
Je réponds vite à Jean Luc, parce que les questions qu'il pose, elles sont réelles et m'inspirent quelques libres réflexions.
 
Ma mère essayait toujours savoir comment ça allait mon théâtre. De temps en temps je lui disais : "Maman je suis classé 102 ème. C'est pas mal, parce que nous sommes au moins 2000 compagnies en France. Sois fier de ton fils".
 
J'imaginais qu'il existait comme au tennis, un classement ATP des compagnies dont les paramètres étaient les suivants :
- Nombre de représentations
- Nombre de représentations vendues
- Montant des subventions
- Tournée internationale
- Nombre de spectateurs
- Nombre d'articles de presse.
- Reconnaissance par les professionnels.
- Nombre de coproducteurs
- Programmation IN dans des lieux légitimants
- Nombre de poignées de mains aux gens importants de la profession
 
Il y a des coefficients
 
Exemple :
Serrer la main d'un ministre : 140 points
Parler à un directeur de scène nationale : 15 points + 1 point par tranche de 15 minutes de conversation.
Passer à Aurillac ou Chalon IN : 45 points
Etre reçu par son président de région : 42 points
Jouer à Paris : 62 points
Emarger à la l'aide à la création de la DMDTS : 70 points
Faire partie d'une commission du temps des arts de la rue : 35 points.
Etre connu de Michel Crespin : 20 points .
Etre apprécié de sa soeur : 3 points.
Etre cité dans le bulletin de Hors les murs : 12 points
Avoir un article dans l'Est républicain : 3 points
Avoir un article dans le Monde : 90 points.
Etre au CA de la fédération : 18 points.
Etre président de la fédération : 100 points.
 
Donc tu calcules ton nombre de points, et tu connaîtras ta cote professionnelle.
  
Le problème c'est qu'avec le temps et l'âge, je me suis fixé un barème personnel :
Jouer à Frasnes les Meulières : +400 points
Parler à un ministre : - 200 points
Etre implanté à Audincourt : + 400 points
Travailler avec un lycée agricole : + 200 points.
 
En fait, il faudrait simplement suivre la route que l'on s'est fixée, mais c'est vrai, si tu refuses tout le système, comme nous avons tous envie de le faire, on te rétrograde, on ne t'accorde aucun moyen, et faire vivre le théâtre en s'appuyant sur les recettes du public, c'est carrément aléatoire et invivable.
 
Tu peux aussi, comme j'aime bien le faire, ou comme t'aimes bien le faire, critiquer, fustiger, te moquer, cracher dans la soupe, tu le paies très très cher, mais est ce que fermer sa gueule, ce n'est pas pire ?
 
Il y a Maurice Nadeau, l'éditeur qui a 90 ans, qui dit "Vaut mieux éveiller la pitié que l'envie"
Pas mal.
Ou Cioran :  "J'ai connu toutes formes de déchéances y compris le succès".
 
Conclusion de tout ça : "l'Art est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse".
 
Jacques Livchine
Metteur en songes
 
 
 
 
Par Gud
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